Soins ancestraux d’Afrique, la Slow Cosmétique made in Africa

Soins ancestraux made in Africa – Bâtonnets cure-dents & huiles précieuses

Depuis des millénaires, la pharmacopée africaine est connue et reconnue pour ses nombreuses vertus pour le soin du corps, de l’intérieur comme de l’extérieur.

Et en Afrique de l’Ouest, elle est particulièrement riche, au point que l’Occident et l’Asie s’intéressent de plus en plus à ce marché depuis une quinzaine d’années.

Malheureusement force est de constater qu’avec la mondialisation, les africains a contrario s’éloignent de plus en plus des remèdes naturels au profit de la médecine moderne introduite sur le continent lors d’évènements historiques peu glorieux.

N’eut été, le coût exorbitant des médicaments et des soins médicaux, l’insuffisance des budgets nationaux alloués à la santé et l’inadéquation des infrastructures sanitaires qui ont obligé plus de nombreux gouvernements africains à reconsidérer les avantages des systèmes de soins de santé traditionnels, ces remèdes auraient purement et simplement disparus du paysage.

Je me suis mise à la Slow Cosmétique, pour mon bien-être et celui de la planète sans savoir que cela allait me reconnecter pleinement avec les soins ancestraux d’Afrique…

Cela fait maintenant quinze ans que j’ai adopté un mode de vie slow qui s’est affiné au fil des années. Cela a coïncidé avec la naissance de mon premier enfant, avec cette volonté d’éviter aux maximum les produits chimiques et emballés dans du plastique. Remplacer le gel douche et le shampoing par un savon de qualité a été le premier geste évident. Puis j’ai abandonné les déodorants (même les plus naturels) et les parfums, source de perturbateurs endocriniens, au profuit de l’huile de coco.

Dans nos sociétés, et encore plus paradoxalement en Afrique, ne pas se frotter (si possible TOUS LES JOURS avec un filet appelé « niempé » au Sénégal !) la peau et ne pas s’asperger de parfum, c’est synonyme de mauvaise hygiène.

Quelle méconnaissance ! Les dermatologues eux-mêmes déconseillent fortement l’usage du niempé au quotidien pour la simple et bonne raison que cela détériore l’épiderme et le met à nu. En gros, on détruit ainsi le film lipidique de la peau, raison pour laquelle nos peaux sont irritées (surtout avec une eau calcaireuse), blanchâtres, il faut mettre des litres de crème pour que la peau se sente moins irritée.

N’oublions pas non plus que la création du parfum ne remonte qu’au XIX ième siècle à une période où en Europe, l’hygiène diminuant, il fallait bien camoufler les odeurs !

On voit là bien que le parfum est un concept qui a été importé sur le continent contrairement aux essences naturelles. A ce propos je ne peux que vous conseiller l’excellent livre de Adame Ba Konare « Parfums du Mali – dans le sillage du Wusulan » qui nous entraîne dans le sillage du wussulan, parfum corporel et d’ambiance, part intégrante de la culture malienne. Ce livre dévoile les secrets du charme et du savoir érotiques des femmes maliennes, tout un programme.

Tout cela pour dire que la pharmacopée africaine a tout mais absolument tout pour prendre soin de nous, et qu’à titre personnel, elle a facilité mes rituels de beauté, puisqu’étant sur le contient, j’ai accès aux produits bruts et non testés sur les animaux qui me donnent entière satisfaction.

Alors je vous embarque vers un petit tour d’horizon d’une infime partie de ces plantes qui font partie de ma routine beauté.

Le beurre de karité

Authentique beurre de karité, non raffiné

Ai-je encore besoin de vous rappeler que le beurre de karité est mon meilleur allié beauté dont je pourrais me passer ?

L’histoire du karité et moi, c’est un peu comme celle d’Obélix qui est tombé dans la potion tout petit…

Il faut dire que mon arrière-grand-mère en vendait déjà sur les berges du fleuve Niger aux pêcheurs.

Naturellement riches en vitamines A, D, E, F et en acides gras essentiels, et en esters cinnamiques, le beurre de karité favorise l’hydratation et l’élasticité de la peau.

Il a des vertus cicatrisantes, émollientes et apaisantes.
C’est un produit naturel à utiliser pour tout, par toute la famille, sans aucune restriction : massages corporels, soins des bébés (érythème fessier, rougeurs, irritations), protection contre le vent et le froid, soin des crevasses et du dessèchement cutané, lutte contre les vergetures de la femme enceinte, douleurs articulaires ou musculaires, démangeaisons de la peau et éruptions cutanées, eczéma, psoriasis,…. Si vous voulez que votre peau garde sa jeunesse et sa souplesse, le beurre de karité est là pour ça!

Les huiles précieuses d’Afrique

Huile précieuse d’hibiscus

Depuis mon retour aux cheveux naturels en 2004, j’ai introduit l’usage des huiles végétales dans mes soins. Mais à l’époque, les huiles accessibles provenaient essentiellement de Aroma Zone qui je dois dire règne en parfaite hégémonie depuis et pas seulement en France. Même au Sénégal d’où proviennent certaines de leurs huiles précieuses, leurs produits sont vendus en boutiques bio, un non-sens selon moi ?!

Baobab, moringa, touloucouna, dattier du désert, sésame, coco constituent mon vivier pour le soin de ma peau, des cheveux, et du corps. En tant que minimaliste, je me réjouis de n’avoir dans ma salle de bain que des produits bruts, locaux et véganes.

Cela n’a pourtant pas toujours été le cas….

J’ai connu mon époque Clarins et Lipikar. Ayant une peau atopique et sèche, j’avais à l’époque des problèmes de peau récurrents notamment des soucis de surpigmentation. J’ai dépensé beaucoup d’argent, sans avoir connaître réellement l’accalmie.

Aujourd’hui, malgré les années que j’ai accumulées depuis, je dois clairement avouer que ma peau ne s’est jamais aussi bien portée certes que je vis en Afrique où le climat chaud et humide est plus favorable aux peaux noires, mais une routine simple, c’est vraiment ce qui me convient ! C’est ça la slow cosmétique, une cosmétique « intelligente, raisonnable, écologique & humaine ». Et 100 % végétale bien sûr !

Ici on trouve beaucoup d’huiles précieuses parmi elles les plus connues et les plus vertueuses :

  • L’huile de touloucouna : puissante (et facilement chauffante), c’est une huile revigorante, émolliente, nourrissante et antalgique, de ce fait elle est recommandée pour les courbatures et les articulations.
  • L’huile de dattier du désert (balanites) : puissamment hydratante, cette huile assouplit et répare les peaux sèches, rugueuses et desquamées. Elle est également recommandée en massages contre les douleurs musculaires.
  • L’huile de baobab : elle constitue un soin efficace pour les peaux et les cheveux secs. Excellent cicatrisant, elle hydrate parfaitement et sublime les peaux et les cheveux sans laisser de film gras.
  • L’huile de moringa (mon huile chouchoute mais aussi une des plus chères car plus rares !) : soin anti-rides, elle convient particulièrement aux peaux très sèches et sensibles, et lutte efficacement contre les desquamations.
  • L’huile de sésame : soin anti-UV (attention elle ne remplace pas une crème ou huile solaire), elle est également très efficace contre les douleurs. J’ai également découvert il y a quelques années en l’utilisant sur les cheveux de ma fille, qu’elle était une huilé démêlante incroyable.
  • L’huile de souchet : elle est parfaite pour les massages ayurvédiques et connue pour sa lutte contre la pousse des poils.
  • L’huile de bissap : soin efficace pour les peaux et cheveux secs. Excellent cicatrisant, elle hydrate parfaitement et sublime les peaux et les cheveux sans laisser de film gras.
  • L’huile de coco : elle sublime et fait briller peau et cheveux. Antibactérienne, je l’utilise dans mes dentifrices maison ou en bain de bouche.
Mon Astuce Beauté
J’utilise le moringa comme huile démaquillante le soir : après avoir brumisé mon visage avec de l’eau, je masse mon visage avec quelques gouttes d’huile de moringa puis je retire l’excès avec un gant humide. Après cela je ne ressens pas le besoin de me nourrir la peau avec une crème ou du beurre de karité.
En testant différentes huiles, vous verrez laquelle vous convient le mieux.

Puis depuis deux ans j’ai même adopté le lavage corporel à l’huile que j’effectue deux à trois fois par semaine.

De l’huile pour se laver, kesako ???

Pour commencer depuis l’Antiquité, on se badigeonnait d’huile d’olive puis on utilisait un strigile (sorte de lame courbe) pour se racler la peau. C’était même un rituel utilisé par les Romains avant le combat.

En ce qui me concerne, cela a démarré il y a un peu plus d’un an quand j’ai découvert le cheveutologue Nsibentum lors d’un live Instagram de Setalmaa. Ce dernier met à l’honneur les techniques ancestrales afros.

Fin 2020, il débarque à Dakar, et je lui propose lors d’une rencontre dans un coffee shop de la place, de lui organiser une masterclass auprès d’une population moins avertie que celles des concepts stores dakarois et auprès des jeunes, une cible que j’affectionne particulièrement.

C’est ainsi qu’on se retrouve fin 2020, au sein de l’école Les Cajoutiers de Warang, une école pas comme les autres puisqu’elle scolarise quelques enfants malentendants.

Ce jour-là, élèves, enseignants et quelques parents se réunissent dans la cours de l’internat pour assister à cette présentation très attendue. Beaucoup souffrent de problèmes de perte de cheveux due au défrisage ou ne savent pas comment traiter leur cheveux « crépus » (terme refuté par Nsibentum qu’il considère comme péjoratif) pour les rendre souples et maniables.

La suite de l’histoire est racontée dans un reportage de la BBC Afrique. La grande classe !

Donc tout comme Nsibentum nous rééduque aux soins des cheveux ancestraux et au lavage des cheveux à l’huile, j’ai réalisé que de la même façon je me démaquillais le visage à l’huile (entendez par démaquillage nettoyage car je ne me mets jamais de fond de teint), je pouvais également nettoyer entièrement mon corps à l’huile.

Mais alors, ça se passe comment ?

Eh bien, vous l’avez compris, décaper la fibre capillaire ou sa peau avec des produits agressifs ou remplis de sulfates pour ensuite les enduire de soins nourrissants a très peu de sens.

Le lavage à l’huile permet à la peau comme pour les cheveux, de capter les impuretés tout en laissant un film lipidique nécessaire aux peaux noires.

Mon Astuce Beauté
Je constitue un mélange de trois huiles en les mélangeant dans un flacon : en général l’huile de coco plutôt sèche et l’huile d’olive connue pour nettoyer la peau constituent la base. Je massage bien ma peau avec une petite quantité de mon mélange d’huiles (c'est un rituel donc on prend son temps) puis je rince sous la douche, en retirant l’excédent soit avec la paume de la main, à l’aide des gants ou d’un loofah.
Je me tamponne ensuite à l'aide d'une serviette (surtout ne pas frotter) pour bien bénéficier des bienfaits des huiles.

L’aloe Vera

On ne présente plus les vertus de l’aoe vera surnommée la « plante miracle ». Les civilisations l’employaient déjà. On raconte que Cléopâtre l’utilisait pour parfaire sa routine beauté. Ce n’est pas pour rien que les Maya l’appelaient « la fontaine de jouvence » et la « source de jeunesse ». Elle est un excellent cicatrisant, et parfaite pour les cheveux en gel.  

Le sothiou, allié ancestral de l’hygiène bucco-dentaire

Les différents type de « sothiou », bâtons cure-dents

En Afrique de l’Ouest, la tradition du bâtonnet de « sothiou » est encore bien présente. C’est une pratique ancestrale peu couteuse qui consiste à utiliser la branche ou la racine d’un arbre comme outil d’hygiène bucco-dentaire. Elle est aussi pratiquée en Asie et au Moyen-Orient. Les fouilles archéologiques ont permis de découvrir que des ustensiles tels que des plumes, des épines, des tiges en bois étaient utilisés.

Si la tradition du sothiou est bien maintenue dans des pays comme le Sénégal ou le Mali c’est d’abord de part les propriétés thérapeutiques et prophylactiques très intéressantes : il est bactéricide, fongicide, anti plaque et antioxydant, et rafraîchit l’haleine. Ensuite il constitue une prévention aux problèmes dentaires très accessible et peu onéreuse comparativement aux soins dentaires très couteux et peu présents en milieu rural (dans le cas du Sénégal 44 % de la population vit sous le seuil de pauvreté).

Il faut compter entre 50 Fcfa à 1000 Fcfa par bâtonnet. Ici au Sénégal, il est hyper courant de voir les gens se balader bâtonnet en bouche tout au long de la journée.

Une utilisation optimale exigerait que le sothiou soit utilisé juste après les repas puis trempé dans l’eau avant une prochaine utilisation. Il doit également être séché et rangé pour ne pas être souillé, et l’embout coupé au bout d’un certain nombre d’utilisations, afin de partir sur une nouvelle base.

Les sothious les plus connus sur le marché sénégalais

Parmi les plus connues, on compte le fameux siwak ou miswak (« ngaw » en wolof) qui est maintenant commercialisé en Occident et même sur Amazon. En bain de bouche, il serait aussi efficace que la chlorhexidine (je suis sûre que vous aussi vos dentistes vous prescrivent tous de l’Eludril !) mais contrairement à ce produit chimique et pas végane pour un sous (le colorant rouge est de la cochenille, extraite des chenilles), le siwak ne détruit pas la flore bactérienne de la bouche.

Il y a pléthore d’autres sothious : le gueun gui gek, le wering (ou werek), le soumpe, le tamarin (dakhar), le sintie, le nep nep (ou neb neb), le gouro etc… Chacun a ses propriétés propres (et pas seulement pour l’hygiène bucco-dentaire, ce sont parfois des vermifuges puissants comme le guenin gui deg, des alliés contre la toux comme le sintie, ou contre les infections de la gorge comme le Gouro), son goût et les croyances spirituelles auxquelles il est associé.

Je dois avouer, qu’à mon grand regret, les bâtonnets sont négligés par une couche de la population plus aisée, qui les considère surement comme primitifs et peu efficaces. Pourtant des études ont démontré leur claire participation à la prévention des caries et de la plaque dentaire.

Personnellement, lasse des rendez-vous à répétition chez le dentiste malgré le soin que j’apporte à mon hygiène buccale, j’ai décidé d’adopter le sothiou dans ma routine après qu’il m’est apparu comme un objet curieux pendant des décennies et que j’ai eu également préjugé vis-à-vis de lui. Je l’utilise en combinaison avec la brosse à dent. Je pourrai donc faire un bilan au bout d’un an pour voir si mes visites chez le dentiste décroîssent.

Comme dans le domaine alimentaire, l’Afrique fait office de véritable terreau. Aujourd’hui, pendant que les ouest-africains se ruent vers les pharmacies à la première occasion ou consomment des produits douteux (dont les fameux savons contenant du xessal, le fameux éclaircissant qui fait des ravages ici), les pays étrangers comme la Corée sont fortement séduits par ces remèdes naturels comme me le dit mon vendeur de quartier (qui est tout sauf un vendeur, mais un véritable herboriste !).

Il est vraiment temps que les Africains regardent les richesses que Mère Nature offre et fassent honneur aux ancêtres qui savaient vivre en symbiose avec les plantes et tirer le meilleur de celles-ci.

Et toi, connaissais-tu toutes ces plantes précieuses ? Lesquelles as-tu déjà introduites dans ta routine beauté ou santé ?

Si cet article t’a plus, laisse un commentaire en bas et n’hésite pas à le partager en n’oubliant pas de me créditer bien sûr !

Sources 

  • « Le « Sothiou » ou bâtonnet frotte-dents comme outil d’hygiène bucco-dentaire dans les pays en développement : exemple du Sénégal », K. Da Luz
  • « Adoptez la Slow Cosmétique », J. Kaibeck
  • « Pharmacopée d’Afrique de l’Ouest », Organisation Ouest Africaine de la Santé

(c) Green-Inception

Viandes végétales made in Sénégal

Viande de dimb – Salade composée by Green Veg’Ana

La viande de dimb (viande du Saloum)

Il y a un an de cela, je me rendais à la deuxième édition de la Foire à l’Innovation, place du souvenir à Dakar.

Un évènement initié par le programme Jigeen Ñi Tamit (« les femmes aussi ») qui appuie les entreprises féminines actives dans la transformation agroalimentaire dans les régions de Thiès et de Louga. Ce programme est mis en œuvre par l’Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l’Etranger et le Ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants, et financé par la Coopération Belge au Développement (DGD).

Cette foire soutient le travail des femmes entrepreneures, et c’est au travers de dégustations, ventes et ateliers culinaires que les visiteurs peuvent faire de belles découvertes.

C’est là qu’arpentant les allées, entre de nombreux étalages de confitures, jus et céréales locaux, je tombe sur le stand du GIE Ousoforal et sa marque de produits Nutrivie. Parmi les produits à l’honneur, la « viande végétale » présentée dans une barquette cartonnée attire toute mon attention, et j’anticipe très rapidement un « oh scandale », convaincue d’une imposture ou au mieux une erreur avant même d’avoir goûté.

Les femmes derrière le stand m’invitent alors gentiment à goûter un bout de leur « viande » d’un nouveau genre. Je leur rétorque qu’on ne l’a fait pas à moi, que ça « c’est pas végétal dê » !

Mais ma curiosité aiguisée me pousse à vouloir en savoir plus et à débusquer ce qui se cache derrière cette chose qui ressemble fortement à du dibi (viande grillée, une spécialité d’afrique de l’Ouest).

Latifa et sa mère Binta à la tête du GIE m’expliquent alors qu’il s’agit de la chair du dimb, le poirier de cayor.

De son nom scientifique Cordyla pinnat, le dimb est un arbre à fut régulier, au cime arrondi, à l’écorce brun clair et crevacée, qui pousse sur le continent africain et très présent dans la zone du Siné Saloum au Sénégal.

Ses fruits sont ronds et charnus, et à l’intérieur la pulpe verte renferme deux grandes graines sombres. Ils sont consommables lorsqu’ils deviennent jaunes et moelleux. Il suffit alors de le découper à l’aide d’un couteau, puis d’en aspirer la pulpe qui est sucrée. Le dimb est réputé pour ses racines vermifuges, purgatives, anti-diarrheiques, pour ses écorces qui soignent les abscés, les coliques et la fièvre mais aussi pour la qualité de son bois, utilisé pour fabriquer des pirogues et des instruments de musique.

Mais revenons-en à la chair du fruit.

Dimb séché – GIE Ousoforal à Sindia

Pour comprendre le process, je me rends en famille à Sindia à une cinquantaine de kilomètres de Dakar où se situe l’atelier de la famille Diedhiou.

A notre arrivée, Binta nous fait visiter son potager composé d’espèces végétales endémiques : menthe, mbante, citronnelle, hibiscus, nonu…, sa petite boutique puis l’atelier de fabrication des produits à base de dimb.

C’est là qu’elle nous explique le process de fabrication du dimb : la récolte des fruits du poirier de cayor se fait d’août à septembre. La noix est ensuite retirée et la chaire séchée pendant une semaine environ afin de le conserver. On obtient alors une sorte de coque assimilable à la bogue d’une noix.

C’est cette coque qui va être ensuite longuement réhydratée pour obtenir la viande végétale qui sera assaisonnée et épicée.

Niveau mâche je comparerais la texture de la viande de dimb à celle des champignons ou des rognons (pour le vague souvenir qu’il m’en reste !). Dans la région du Siné Saloum chez les Sérères, le dimb est réputé dans le couscous. Le GIE Ousoforal propose la viande en petits morceaux épicés mais aussi des produits dérivés comme du fromage et du lait d’un autre fruit, le pommier de cayor.

L’innovation réside dans le fait que les nouvelles générations connaissent peu ou pas du tout le dimb, et que le GIE le vend sous l’appellation « viande végétale », ce qui ouvre le champ des utilisations et de belles perspectives en matières d’alternatives végétales.

Le GIE Ousorofal a d’ailleurs reçu le prix de l’innovation de l’édition 2021.

Anacardier de Guinée Bissau
Pomme Cajou (fruit et noix)

La viande de cajou

Un an s’écoule et Nutrivie revient pour la troisième édition de la foire avec un autre produit cette fois  : la viande de cajou.

Il ne s’agit pas là de viande élaborée à partir de la noix de cajou mais bien de la chair du fruit aka la pomme cajou.

L’arbre à cajou appelé cajoutier ou anacardier pousse aussi au Sénégal et principalement dans la région du Siné Saloum.

En me rendant en Guinée Bissau par la route, j’avais été subjuguée par les interminables champs d’anacardiers. Des cajoutiers à perte de vue, et des fruits qui n’ont pas toujours le temps d’être récoltés, ce qui cause pas mal de pertes. Je croise quelques femmes qui s’attèlent ci et là à récolter les fruits, mais elles ne font pas le poids face aux usines espagnoles et portugaises qui exportent les tonnages vers l’Inde, là où la noix sera décortiquée (souvent dans des conditions peu éthiques).

La chair de cajou est quant à elle très peu ou carrément pas exploitée.

C’est justement cette chair de cajou que le GIE Ousoforal a décidé de proposer à la deuxième édition de la Foire à l’Innovation sous forme transformée en émincés, saucisses et steaks végétaux (qui eux contiennent aussi de la noix de cajou).

Viande de chair de cajou – GIE Ousoforal

L’aspect est bluffant très proche de la viande de mouton, la mâche est ferme et le goût est neutre à peine acidulé, non épicé ce qui laisse le choix au consommateur d’aromatiser à sa guise.

Le terme « alternative à la viande végétale » n’est pas à considérer d’un point de vue nutritif (pas plus que le fruit du jaquier de plus en plus utilisé en Europe pour sa similitude avec le poulet), la viande de cajou est probablement peu riche en protéines.

Mais si la question est : est-ce que cela ressemble à de la viande animale au point d’en inciter plus d’un à laisser tranquille nos amis les moutons pour un fruit souvent gaspillé ?

La réponse est : OUI, OUI et encore OUI !!!

Depuis que je suis végane voilà cinq ans maintenant, c’est bien la chose qui m’a le plus bluffée (hormis le Impossible Burger bien sûr !).

Après l’avoir bien épicé et mariné, la mâche de la viande de cajou est tellement proche de la viande animale, qu’il est difficile de ne pas se faire avoir. C’est tout simplement IN-CRO-YA-BLE !!!

Depuis son prix de l’innovation et mon tweet sur le sujet, le GIE Ousoforal a suscité depuis beaucoup d’intérêt et reçu beaucoup de sollicitations.

Binta et Latifa Diédhiou entendent poursuivre la recherche et le développement auprès de l’Institut de Technologies Alimentaires (ITA) pour obtenir les valeurs nutritives de la viande, développer d’autres produits comme du yaourt et améliorer la conservation des dérivés (lait, yaourt, fromage).

Tout cela est très prometteur pour le Sénégal et le continent africain en terme d’alternatives végétales !

Brochettes de viande de cajour by Green Veg’Ana

Pour ne pas vous laisser sur votre faim, je vous propose une petite recette de brochettes bien appropriée à base de viande de cajou avec une délicieuse marinade, vous verrez vous allez en bluffer plus d’un.e avec ça !

Brochettes de viande de cajou

Ingrédients 

  • Une barquette de viande de cajou
  • 1 poivron jaune
  • 1 poivron rouge ou orange
  • 1 poivron vert
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 1 CS de persil émincé
  • 1 CS de coriandre émincé
  • 1 cc de moutarde
  • 1 cc de sauce barbecue
  • 1 cc de miso blanc
  • 100 ml d’huile d’olive
  • 1 pincée de cumin
  • 1 pincée de paprika
  • 1 pincée de moringa
  • 1 pincée de Netétou
  • 1 filet de sauce soja
  • Sel, poivre

Recette 

  1. Faire revenir la viande de cajou avec un filet d’huile d’olive et la sauce soja. Saler et poivrer.
  2. Laver et couper les poivrons et l’oignon en carrés.
  3. Préparer la marinade en mélangeant l’huile d’olive, l’ail écrasé, les épices, la moutarde, la sauce barbecue et les herbes.
  4. Badigeonner généreusement les brochettes à l’aide d’un pinceau avec la marinade.
  5. Enfiler 3 morceaux de viande en alternant avec les poivrons et l’oignon.
  6. Passer les brochettes quelques minutes au four ou à la poêle.

Et vous connaissiez-vous le dimb, la viande de cajou ? Connaissez-vous d’autres alternatives végétales à la viande en Afrique ? Laissez moi vos commentaires, j’ai hâte d’avoir vos retours !

(C) Copyright, GreenInception, 2021

Ma mode végane & responsable

Il y a maintenant bien longtemps que j’ai délaissé les achats compulsifs, les soldes et autres enseignes de consommation de masse.

Je suis une environnementaliste avant tout. Bien avant d’avoir franchi le pas du véganisme. Une écocitoyenne de la première heure. Je n’ai pas attendu que cela devienne mainstream pour réaliser que je me sentais mieux dans un modèle de décroissance, sobre, simple, minimaliste.

En 2012, quand je suis tombée sur le livre « Zero Waste Home » de Bea Johnson, j’ai directement adhéré au concept du « declutter ». Vivre désencombré.e pour vivre mieux et se sentir mieux. Ne pas se polluer l’espace ni l’esprit au contact d’objets inutiles si non futiles. Je n’ai jamais perçu cette transition comme douloureuse car cela allait de pair avec ma vision du monde.

Puis je suis devenue végane en 2016 en prenant conscience qu’il n’était pas normal d’exploiter et de tuer les animaux pour se nourrir, se vêtir, prendre soin de soi et se divertir. J’ai alors découvert un autre mode de consommation respectueux des animaux mais pas toujours cohérent avec mes precepts écologiques et anticapitalistes.

J’ai alors réalisé que je me situais à une interconnexion, une intersection beaucoup plus complexe mais aussi beaucoup plus en harmonie avec ma vision d’un monde plus juste, plus équitable et plus solidaire envers les animaux, entre humains et pour la planète.

En écoutant le numéro de mon podcast préféré Kiffe Ta Race intitulé « véganisme, écoféminisme, des trucs de Blanc.hes…? » (co-animé par ma très chère Rokhaya Diallo), j’ai connecté direct quand Grace Ly a mis en comparaison le fait de remplacer tous ses objets en cuir tout en maintenant un train de vie capitaliste versus le fait de s’evertuer à consommer différemment en s’intégrant à l’ensemble de l’écosystème. Ce à quoi j’aspire au quotidien.

C’est là que ma vision s’éloigne du végane basique qui n’a pour seuls critères de sélection l’éthique animale. Et comme je le dis souvent il y a autant de véganes que d’omnivores. Je me souviens que la première impression du monde végane que je me suis faite n’était pas très reluisante : je m’étais rendue au VeggieWorld à l’automne 2016 et j’avais découvert avec grand étonnement tout un tas de produits industriels exempt de tout produit animal certes mais composés de tout un tas de produits chimiques et suremballés. Je m’étais dit quel intéret ?

Puis au fur et à mesure, j’ai réintégré le véganisme dans mon propre univers et dans ma propre philosophie bien plus globale : consommer sain et simplement, valoriser les produits et l’artisanat locaux, éviter les plastiques inutiles, mais aussi ne pas chercher à tout prix cette « perfection » qui rend la vie dingue parfois. Un peu comme parcourir 30 km de route et brûler du pétrole pour trouver LE magasin en vrac !

Ma mode à moi rime avec éthique mais aussi avec responsable.

Concernant ma vision de consommation hors alimentation, je n’ai pas dévié de ma route malgré l’émergence de nombreuses marques véganes.

C’est un fait, il est maintenant beaucoup plus facile d’accéder à des vêtements et des accessoires sans matière animale et produits de manière éthique. Et c’est vraiment cool car on ne manque pas d’imagination, de recherche et d’innovation dans le milieu « végane ». En même temps je ne ressens aucune freinésie à me procurer de nouveaux articles juste parce qu’ils sont véganes et tendance. Je suis plus que jamais adepte de la seconde main, j’adore l’histoire qui se cache derrière les vêtements d’occasion et l’achat d’un article neuf est rare et quasi cérémonial chez moi.

Il m’arrive d’avoir un coup de coeur pour une belle paire de chaussures végane. Cette satisfaction de se dire, nous aussi on a NOS chaussures Adidas véganes, oui c’est plaisant. J’admire aussi les stylistes qui produisent à toute petite échelle et qui font travailler l’économie locale. Ils ont un talent fou et c’est une fierté de pouvoir porter une de leur création ou acquérir une de leur pièce.

Le sac Eloise Satchel de chez Angela Roi

Il y a deux ans, telle Amélie Poulain qui épie son Monsieur Quincampoix, j’ai flashé chez Aujourd’hui Demain (concept store végane à Paris) sur un magnifique sac en cuir végétal de chez Angela Roi couleur vert taupe.

Un sac à main beau, élégant, exempt de souffrance animale et qui n’a rien à envier à un Louis Vitton. La classe !

Chaque été, je partais voir le sac pour l’admirer un peu plus, en me disant, un jour peut-être je m’offrirai ce petit luxe.

Et puis cet été, j’ai décidé que c’était le bon moment, que j’avais envie de ce beau petit sac à mes côtés et que ce serait mon parfait cadeau d’anniversaire !

J’imagine que dans une société d’achats compulsifs, ce laps de temps que je me suis octroyer avant de procéder à cet achat, peut sembler fou.

Mais moi c’est ce monde que je trouve fou. Ce monde qui ne compte plus, dans lequel on possède beaucoup et où finalement peu de choses a de l’importance. Moi c’est dans ce temps de réflexion et de recul que je trouve mon équilibre.

Depuis lors, quand je me promène avec mon sac sur l’épaule ou à la main, il n’est pas rare qu’on me fasse la réflexion « mais ton sac c’est du cuir ça ?! ».

Pour moi la classe ultime, elle est là.

N’oubliez pas, impossible n’est pas végane !

Lalo & compagnie

Poudre de feuilles de baobab aka Lalo

Je ne le répèterai jamais assez : les végétaliens s’y connaissent de manière générale beaucoup mieux en nutrition que les omnivores.

Pourquoi ? Parce qu’on y est contraint, pour prévenir les critiques sur nos potentielles carences conséquence du fait qu’on ne mangerait pas d’animaux. Parce qu’on est curieux aussi. Du coup, on s’intéresse à plein d’aliments, de nutriments, auxquels on n’aurait pas pensé une seconde en étant omnivore.

Cela a été mon cas. En devenant végane, j’ai découvert qu’il n’y avait pas que le Fer et le Calcium auxquels il fallait prêter attention.

Le véganisme m’a aussi ouvert les yeux sur tellement de légumineuses, de légumes, d’herbes, d’épices, d’oléagineux qui ne faisaient pas partie de mon alimentation. Et de super aliments du terroir africain.

J’ai découvert la poudre de pain de singe aka le fruit du baobab (très riche en vitamine C, calcium et potassium) et le moringa (très riche en fer, protéines, calcium, magnésium, potassium) il y a une dizaine d’années, lors de mon premier séjour au Sénégal. Ici ces super aliments font partie de la tradition culinaire.

Au Sénégal, on trouve du jus de baobab dans tous les lieux publics et les biscuits au baobab sont vendus dans la rue. Quant au moringa aka nebeday (never-die), il est beaucoup utilisé en phytothérapie sous forme de tisanes (feuilles ou fleurs), et personnellement je l’utilise comme épice dans tous mes plats, j’en mets à toutes les sauces.

Si j’ai littéralement intégré ces deux antioxydants puissants dans ma cuisine, ce n’est que plus récemment que j’ai découvert la poudre de lalo du wolof laalo, les feuilles de baobab séchées et pilées.

Et pourtant elle fait partie intégrante de la cuisine traditionnelle sénégalaise dans laquelle elle est utilisée comme liant dans les sauces et le couscous.

Les anciens savaient exploiter toutes les vertus du baobab appelé l’arbre pharmacien ou encore l’arbre de vie. Car tout dans le baobab est précieux.

Derrière son vert puissant, le lalo renferme suffisemment de nutriments pour être considéré également comme un super aliment, plus riche même que son acolyte la poudre de baobab c’est dire !

En effet les feuilles de baobab renferment de nombreux oligo-éléments : de la vitamine A, du calcium, du fer, du potassium, du manganèse, du magnésium, du phosphore, du zinc mais également de la provitamine A et de la vitamine C.

Mais ce n’est pas tout ! La richesse du lalo en muscilage (10 %) et en protéines (10 – 15 %) lui confèrent un intérêt important non seulement partout où l’on cherche du liant mais également en cosmétique pour confectionner des gels et des masques hydratants/nourrissants.

Et si vous suivez mes aventures sur mon compte insta, vous savez comme j’aime les aliments double emploi, aussi utiles dans ma salle de bain qu’en cuisine, c’est un facteur essentiel dans ma vie de minimaliste.

C’est ainsi que j’ai commencé à introduire petit à petit le lalo dans ma cuisine en lieu et place des graines de lin traditionnellement connues pour remplacer l’oeuf dans les pâtisseries végétales. J’ai aimé sa facilité d’utilisation, sa texture gélifiante, agréable au toucher et un bonheur pour le palais.

Pour obtenir ce gel, rien de plus simple, diluez une cuillère à café de la poudre magique dans 4 cuillères à café d’eau. Et vous verrez, plus vous ajouterez de l’eau, plus vous alongerez le lalo. Autrement dit, le muscilage est comme infini, tout dépend de l’usage que vous souhaitez en faire.

Gel (« oeuf ») de lalo

Pour illustrer tout ça, je vous propose ma recette de Croquants Moelleux au Matcha. Du vert, des protéines, de la gourmandise.

Pour 20 croquants

Ingrédients

  • 300 g de farine
  • 160 g de sucre en poudre
  • 150 g d’huile neutre
  • 1 cc de levure chimique
  • 200 ml de crème soja
  • 1 « oeuf » de lalo
  • 1 cc de matcha
  • Graines de sésame brunes et blondes

Recette

  1. Préchauffez votre four à 160 °C.
  2. Mélangez tous les les ingrédients secs ensemble puis ajouter la crème de soja, le lalo et enfin l’huile.
  3. Formez des boules à l’aide de vos mains ou à l’aide d’une cuillère et déposer sur un tapis de cuisson.
  4. Soupoudrez les boules de quelques graines de sésame.
  5. Cuire environ 15 min à 180 °C jusqu’à ce que les bords soient dorés.

BONNE DEGUSTATION !

Mon tiramisu végane

Les fêtes de Noël sont déjà bien derrière nous.

Tout le monde a rangé ses ornements.

La galette des rois est déjà digérée !

Alors comme je ne fais rien comme tout le monde, moi c’est le moment où je replonge dans mes desserts de fin d’année. Pour le réveillon de Noël, je prépare toujours une bûche. Pour la Saint Sylvestre, un entremet, souvent un tiramisu. Et pour la petite histoire, le premier tiramisu végane que j’ai préparé il y a quatre ans était véritablement râté !

Je n’avais pas encore les bases de la cuisine végétale, mais au moins j’avais la volonté.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

D’ailleurs si j’ai un petit conseil à vous donner vous qui avez peut-être, enfin je l’espère comme résolution de vous tourner vers un mode de vie plus éthique et plus sain pour la planète et vous-même, c’est de ne vous mettre aucune limite quand vous allez aborder la cuisine végétale.

En cuisine végétale, tout est possible, et ce n’est pas la reine de la Haute Gastronomie Végétale comme je l’appelle, Marie Laforêt, qui dira le contraire. Depuis une dizaine d’année elle revisite les plus grands classiques de la cuisine via son blog et ses nombreux livres, le tout sans complexe !

Oser, s’amuser, se râter, recommencer, trouver la bonne recette, savourer, partager.

Dans la recette que je vais vous proposer, il y a un produit phare systématiquement présent chez nous à la Saint Nicolas et à Noël, depuis la naissance de mon premier enfant.

Vous l’aurez deviné, je parle bien évidemment du Pain d’épices.

A l’époque, j’avais un mini livre de recettes pour bébé Larousse dans lequel figurait une recette de pain d’épices simplissime. C’est cette recette que je réalise depuis plus d’une décennie et qui bluffe à tous les coups mes invité.es. Cette recette est trop facile pour être vraie, et elle vous donnera le meilleur pain d’épices au monde, moelleux, épicé et doré à souhait.

J’ai choisi de mettre du pain d’épices dans ce tiramisu car n’étant pas fans de speculoos dans la famille, j’ai pensé qu’il apporterait cette petite note dorée et relevée des fêtes. Bien évidemment rien ne vous empêche d’en utiliser.

Recette du meilleur pain d’épices

Ingrédients 

  • 200 ml de sirop d’agave
  • 100 g de sucre roux
  • 200 ml de lait végétal
  • 250 g de farine
  • 1 cc de mélange spécial pain d’épices (vous pouvez préparer vous-même ce mélange en mixant à proportions égales de la cannelle, de l’anis vert, du gingembre, de la muscade et des clous de girofle).
  • ½ cc de cannelle (vous pouvez ajouter ou diminuer la quantité d’épices, c’est à vous de voir)
  • 1 cc de levure chimique ou de bicarbonate de soude (il vous donnera un très bel aspect doré)

Préparation

  1. Mélangez le sirop d’agave avec le sucre et faire chauffer quelques minutes sur le feu pour bien faire fondre.
  2. Ajoutez le lait tiède au mélange refroidi et bien mélanger.
  3. Ajoutez la farine préalablement mélangée à la levure (ou au bicarbonate) puis ajoutez les épices.
  4. Huilez un moule à cake avec une noisette de margarine végétale et mettre à cuire environ 50 min à 150 °C.

NB : Ce cake se conserve parfaitement dans une boîte hermétique pendant plusieurs jours. Je vous conseille d’ailleurs de le préparer la veille pour le déguster le lendemain, il n’en sera que meilleur.

Le deuxième élément important de ma recette de tiramisu est le beurre de cajou. Vivant au Sénégal, c’est clairement un produit du terroir que j’ai intégré dans mes recettes. Il peut aisément être remplacé par de la purée d’amandes plus adaptée en Europe.

Pour obtenir une texture très proche de la mascarpone, j’ai utilisé de la crème de coco fouettée (LA chantilly des véganes) subtilement mélangée à la crème de cajou. Le résultat est bluffant est ultra gourmand.

Pour terminer, j’ai utilisé comme base de ce tiramisu, la recette de la génoise de Marie Laforêt (tiré de son avant-dernier livre « Incroyable mais végane »), aromatisé au café et à l’amande amer, là encore c’est optionnel. Vous pouvez rester sur le pain d’épices, le spéculoos ou n’importe quel biscuit. Mais c’est la combinaison de cette génoise, de ma mascarpone végétale et du pain d’épices qui va donner ce goût si spécial.

Ce préambule étant fait, à vos marques, prêt.e.s, partez, voici la recette de mon tiramisu végane.

Ingrédients (pour 4 grosses verrines ou 8 mini)

  • 200 ml de crème coco
  • 35 g de sucre glace
  • 110 g de beurre de cajou
  • Du pain d’épices
  • Du café fort
  • ½ cc d’amandes amer ou du rhum
  • Du cacao en poudre

Préparation

  1. Comme pour la chantilly de coco, pensez à mettre la crème coco au réfrigérateur la veille puis la transvaser dans un bol et la mettre ½ heure au congélateur.
  2. Fouettez la crème coco pendant quelques minutes puis ajoutez le sucre glace.
  3. Continuez à fouetter à puissance maximale jusqu’à obtenir une chantilly bien ferme. Cette étape peut être longue et durer jusqu’à une dizaine de minutes, armez-vous donc de patience !
  4. Ajoutez dans le bol la crème de cajou en remuant délicatement à l’aide d’une spatule ou d’une maryse. Comme pour la mousse au chocolat, cette étape est importante pour obtenir un texture bien aérée.
Réalisation de la mascarpone de cajou
  1. Préparez le mélange café/arôme amande en diluant un peu de café dans un demi verre d’eau et ajouter ½ cc d’amande amer.
  2. Coupez une fine part de génoise et imbibez un côté du mélange.
  3. Déposez-la dans la verrine en faisant en sorte que le biscuit comble ta totalité de la surface (au besoin ajoutez un autre petit bout).
  4. Déposez deux généreuses cuillères à soupe de la mascarpone de cajou puis du pain d’épices émietté sur toute la surface, à nouveau de la mascarpone et terminez par du pain d’épices.
  5. Laissez prendre vos verrines minimum deux heures au réfrigérateur (toute la nuit c’est encore mieux).
  6. Avant de servir, soupoudrez vos verrines de cacao en utilisant une petite passoire.

Ma recette vous plait ? J’adorerais avoir vos retours sur mes RS ! Si vous ne me suivez pas encore, eh bien c’est l’occasion de découvrir mon mode de vie  de maman végane et slow sur ma page insta. J’y partage pas mal d’astuces du quotidien.

Pensez à me tagguer dans vos partages réseaux sociaux, ça me permettra d’admirer vos créations et aidera à vos abonnés de retrouver ma recette !

Copyright (c) Green-Inception.

Le Tassalé ou le Zéro Déchet à l’africaine

Pendant la crise du covid, on a vu les supermarchés être pris d’assaut, les rayons de papier toilettes littéralement dévalisés.

A tel point que des stories d’artistes et de célébrités réalisant des challenges sportifs avec des rouleaux de PQ ont pullulé sur la toile !

Je dois avouer avoir eu du mal à comprendre cet engouement soudain et excessif pour ce doux compagnon de nos besoins naturels.

Car pendant que les uns craignaient la pénurie jusqu’à se battre dans les magasins (on l’a vu aux USA), nous autres, adeptes du tassalé, on était à l’aiiiiiiise ! Le chanteur Mokobé a même lancé le hashtag #tassaléchallenge !!!

Le tassalé, quésaco?

tassalé

Le tassalé (mot soninké et bambara) est une bouilloire en plastique d’une contenance de deux à trois litres que l’on trouve dans tous les foyers en Afrique de l’ouest.

A l’origine, on l’utilise dans la communauté musulmane pour faire ses ablutions.

Pratique et discret, un peu d’eau dans le creux de la main suffit à laver chaque partie du corps tel que recommandé dans le coran.

Cet objet a su élargir sa fonction en prenant place dans les toilettes aux côtés des WC pour se laver après avoir fait ses besoins. Une pratique hygiénique et zéro déchet ancestrale dans ces pays.

Il n’est pas rare également que l’eau du tassalé dépanne aussi en cas de coupure d’eau pour se laver entièrement ! Mine de rien deux litres d’eau, c’est largement suffisant pour tout le corps (on est loin des 15 litres d’eau utilisés par minutes sous la douche!).

A la maison, j’ai toujours vu une bouilloire dans les toilettes. Mais si on m’a lavé les fesses jusqu’à l’âge de l’autonomie, mes parents ne nous ont pas forcés à poursuivre cette pratique.

La bouilloire était la voisine du rouleau de papier toilette, mais c’est naturellement vers ce dernier que je me suis tournée en grandissant.

je dis naturellement car en France la coutume c’est le Moltonel Épaisseur Plus… Sauf que cette douceur exacerbée présentée dans les publicités, très souvent incarnée par des bébés aux joues roses, c’est un peu loin de la réalité.

L’hygiène dite « sèche » compte parmi ses conséquences le développement de démangeaisons voir de prurit anal (désolée hein mais appelons un chat un chat!) provoqué par des vers ou des champignons. Et le frottement effectué par les vas et viens du papier toilette n’arrange en rien les problèmes de peau localisés sur cette zone.

En 2004, je pars vivre à Bamako.

Les bouilloires sont de circonstance. Dans les hôtels et les lieux publiques, il est même courant de trouver des douchettes dans les WC.

Bien sûr on trouve du papier toilettes dans les supermarchés, mais ça coûte la peau du cul (sans vouloir faire de jeu de mot!).

Et puis en fait la question ne se pose pas vraiment, je suis déjà dans une démarche de réduction des déchets et j’avoue que j’ai toujours trouvé bizarre d’acheter quelque chose qui provient de l’exploitation des arbres pour terminer de la sorte, dans la cuvette des toilettes.

J’adhère aussitôt et complètement au tassalé, malgré le fait que pendant toutes ces années je n’ai pas pris l’habitude de l’utiliser.

Le climat chaud malien facilite les choses, c’est moins traumatisant de mouiller ses fesses dans ces conditions !

Dans les années 2012, Béa Johnson et son « Zéro Waste Home » ont un fort retentissement dans le milieu écolo, s’ensuit un engouement pour le Zéro Déchet à travers le globe, avec toute la palette de profils possible.

Il y a les minimalistes, pour qui less is better, celles et ceux qui cherchent à tout prix une alternative zéro déchet pour tout (du sopalain en tissus, des carrés de coton pour le démaquillage, fabrication de produits de ménage ou de gels douche,…).

Je parcours pas mal à ce moment-là les groupes sur Facebook, et je découvre, non sans une certaine intrigue, que certain.e.s vont jusqu’à proposer des lingettes de coton pour se nettoyer le postérieur à l’instar des lingettes pour bébés.

J’avoue que jusqu’à ce stade, ça ne m’avait absolument pas traversé l’esprit ! Quel chemin détourné tout de même pour nettoyer une partie du corps qui n’a pas lieu d’être plus tabou qu’une autre.

Je ne comprenais pas l’idée de souiller des bouts de tissus pour après devoir utiliser encore de l’eau.

Autant utiliser l’eau directement, non ?

Après tout, il y a vingt ans en Europe, on pouvait encore trouver des bidets dans les salles de bain.

Ils servaient à laver les parties intimes et les pieds ou à la toilette quotidienne.

Et là au regard des réponses assez réactionnaires que je recevais sur ces mêmes forums de discussion, je comprenais que le zéro déchet était perçu à travers le prisme occidental.

Si se laver après avoir été aux toilettes dans les pays arabo-musulmans était somme toute naturel, cela n’était pas l’évidence dans les pays occidentaux.

De manière assez générale, les gens n’étaient pas du tout confortables à l’idée de se laver les fesses avec les mains. Si je pouvais comprendre qu’on n’ait pas la technique ou qu’on ne se sente pas à l’aise de le faire dans les lieux publiques (car cela implique clairement de s’asseoir sur la lunettes de WC chose qui ne va pas de soi!), j’avais du mal à comprendre qu’on soit rebuté.e par une pratique qu’on est cens.é.e avoir sous la douche. Ou bien ?

Alors tout naturellement et convaincue par ses seuls avantages, j’ai appris à mes enfants à utiliser le tassalé après être allé.e aux toilettes. Une façon de leur assurer non seulement une bonne hygiène mais de leur épargner toute sorte de désagrément comme les démangeaisons.

Mais il faut avouer que pour un enfant en bas âge, ce n’est pas évident d’avoir la bonne technique tout de suite. Cela demande un peu pratique.

Alors pour celles et ceux qui ont envie de se lancer dans l’aventure, je vous ai concocté le petit guide des « 10 commandements » du tassalé.

Vous verrez, essayer c’est l’adopter !

1. Une meilleure hygiène, tu auras. Les médecins le disent, le lavage à l’eau est la méthode la plus propre et la plus douce. Plus hygiénique et moins irritante que le papier toilette, moins agressive que les douchettes qui peuvent causer des mycoses vaginales à cause de la puissance du jet.

2. De l’eau, tu ne gaspilleras point. 140 litres d’eau sont nécessaires pour fabriquer un seul rouleau de papier toilette. La forme effilée du bec du tassalé permet de réguler le débit de l’eau tout en se lavant.

3. Tes mains tu laveras après. L’usage du tassalé nécessite de se laver les mains et les ongles au savon après. Cela va de soi mais c’est toujours important de le rappeler. Vous avez tous appris comment se laver les mains en profondeur pendant l’épidémie du covid ? Voilà c’est ce qu’il faut faire.

4. De la pratique, tu auras peut-être besoin. Si tu n’as pas grandi dans la culture arabo-musulmane ou ouest-africaine ou si tu n’as juste pas l’habitude de passer tes mains sous les fesses tout en étant assis, tu apprendras petit à petit et trouveras la meilleure posture pour être à l’aise et efficace.

5. Dés déchets, tu ne généreras point. Le papier toilette constitue un problème écologique majeur. Outre le fait qu’il n’a une durée de vie que de quelque secondes, sa consommation correspond à 27 000 arbres partis dans les cuvettes chaque jour. Même s’il y a de plus en plus de papier toilette recyclé les emballages plastiques sont eux rarement biodégradables.

6. Au diktat capitaliste, tu ne céderas point. Le marché du papier toilette est extrêmement lucratif (il représente 8,5 milliards d’euros en Europe). Inventé en Chine au X siècle, il n’apparaît en France que dans les années 60 et est considéré à ce moment comme un produit de luxe.

7. Une belle tradition tu perpétueras. Nul besoin de toujours réinventer la roue. En terme de zéro déchet, on se rend compte que souvent les pratiques les plus anciennes ou les objets que nos grand-parents utilisaient jadis (savon et sa boîte métallique, rasoir en chrome, couches en coton,…) étaient pas si mal que ça en plus d’être minimalistes et peu coûteux.

8. Une petite serviette tu pourras utiliser pour parfaire ton nettoyage et éviter d’avoir les fesses humides.

9. Ton tassalé tu laveras. Fabriqué le plus souvent à partir de vieux contenants en plastique, le tassalé est super facile d’entretien. N’oublie pas de le laver à l’eau et au savon régulièrement afin d’éliminer toute éventuelle souillure.

10. Ta salle de bain ou tes toilettes tu embelliras. Le tassalé sait se faire discret (malgré sa contenance conséquente), de toute forme et couleur possible, il saura égayer ta maison.

Et toi tu es team tassalé ou pas du tout ? Tu te sens d’attaque pour adopter cette solution zéro déchet ?

Les Bonnes Adresses de Green Veg’Ana à Dakar

Mes courses de produits frais et d’épicerie à Dakar

Beaucoup de personnes me demandent sur Instagram si ce n’est pas trop difficile de trouver des produits adaptés à mon mode de vie de végane en vivant au Sénégal.

Eh bien, il faut savoir que quand on est végétalien, faire ses courses alimentaires c’est carrément plus simple : finie la queue chez le boucher, pas besoin de supporter les odeurs de poisson au port.

D’ailleurs je dois avouer que la première chose qui a facilité ma transition alimentaire a été de ne plus avoir à acheter de la viande. Chose que je n’ai jamais aimé faire. Pas plus que je n’aimais cuisiner la chaire animale. Sans concrétiser clairement cette gêne (de cuisiner des cadavres disons-le clairement) à l’époque, elle était réelle.

De la même façon il est beaucoup plus facile de faire des stocks de céréales et de légumineuses que de viande. Pas besoin de réfrigérateur.

Et justement Sénégal regorge de fruits, légumes, légumineuses et oléagineux. Et ça c’est plutôt cool. C’est vrai qu’il y a la saison de l’hivernage (d’août à novembre) pendant laquelle c’est le néant végétal, mais en dehors de cette période, on n’a pas à se plaindre.

Alors trouver de quoi s’alimenter quand on est végétalien au Sénégal est loin d’être mission impossible, encore faut-il avoir les bonnes adresses, celles qui respectent l’environnement, offrent des produits de qualité et participent à l’économie locale.

En arrivant à Dakar, j’ai dû réadapter ma façon de m’alimenter et de cuisiner, en laissant de côté le tofu à l’ail des ours (aïe dur, dur) et autres saucisses de seitan que j’avais l’habitude d’acheter dans mon magasin bio, au profit de légumineuses tout aussi riches en protéines.

S’adapter à ce que l’on trouve sur place demande une certaine flexibilité certes mais c’est surtout cohérent avec ses principes de limitation d’empreinte carbone.

Même si le Sénégal importe plus de 70 % de ses denrées alimentaires cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de producteurs locaux, que du contraire. Ces derniers ont la chance d’être de plus en plus mis en lumière par des entrepreneurs, qui font la promotion du bio et local.

Si le Sénégal a connu un boum dans l’implantation des supermarchés (très, très présents sur le territoire – à titre d’exemple une trentaine de supermarchés Auchan (pour ne citer qu’eux) se sont implantés ces cinq dernières années dans le pays – les modes de consommation sont en train d’évoluer, et dans un contexte de crise sanitaire du covid 19 où les gens sont très frileux de sortir faire leurs courses, ces entrepreneurs ont toute la latitude pour faire valoir leur démarche.

En ce qui me concerne, j’ai toujours favorisé les circuits courts et locaux, et voir ce panel d’offres de produits locaux se développer de mois en mois, est une bénédiction.

En dehors de cette satisfaction de contribuer à l’économie locale, à faire valoir le travail des agriculteurs/trices, on a une meilleure maîtrise de la chaîne de production.

Aussi je n’hésite pas à faire mes retours sur la qualité du service auprès de mes fournisseurs, et généralement, mes remarques sont prises en compte dans un soucis d’amélioration continue (comme l’arrêt des sachets plastiques par exemple).

Alors sans plus tarder, voici mes bonnes adresses à Dakar pour m’approvisionner en produits frais mais aussi en denrées sèches et épicerie fine et concocter tous les plats que vous pouvez retrouver sur mon compte Instagram. Je mettrai à jour cette liste au fur et à mesure de mes découvertes :).

Les fruits et légumes

– Le marché ASD de la coopérative Sell Sellal vend fruits (agrumes, mangues, papayes) et légumes issus de l’agroécologie. Quatre marchés par semaine se tiennent à Dakar (aux Almadies, au Point E et au Plateau). C’est un lieu incontournable pour moi depuis mon arrivée à Dakar, et vous ne dépenserez pas trop là-bas.

Manda Bio : si vous aimez les fraises comme moi, alors vous ne pouvez pas passer à côté de celles de Manda Bio tout simplement les meilleures (disponibles de février à début juin) spécialisé aussi dans l’agroécologie. Leur ferme principale se trouve à Bayakh et l’entreprise travaille avec une coopérative de petits producteurs bio vers Thiès, Sebikotane et Keur Massar. Manda Bio propose également des herbes aromatiques, quelques agrumes et légumes verts.

La Bertha Market : J’ai découvert les paniers bio de la Bertha Market pendant le confinement. Alors que j’étais une habituée de l’ASD, j’ai été conquise par le service de livraison et le sérieux de cette petite entreprise sénégalaise qui travaille avec des producteurs issus d’associations bio comme BioDialaw et la Fédération des Agrospasteurs de Diender. La Bertha Market offre un large choix de légumes et plantes aromatiques.

Le Groupe Nomade est une entreprise spécialisée dans la distribution de fruits et de légumes certifiés BIO. Elle travaille en partenariat avec la Fédération Nationale pour l’Agriculture Biologique et garantie ainsi une disponibilité en fruits locaux, de saison quasi tous les jours en provenance de la zone des Niayes. J’adore l’idée de contribuer à l’activité de près de 250 producteurs dont 42 % sont des femmes ! Le petits +: un accès facile pour commander via Whatsapp et des produits livrés dans de jolis paniers !

Taaru Askan : cette association travaille avec les communautés locales et les jeunes pour fournir un modèle de développement en matière de pratiques écologiques, de promotion des énergies renouvelables et d’agriculture. Leur culture phare est le fameux choux kale aussi connu sous le nom de choux frisé extrêmement riche en propriétés nutritives et produit chouchou des véganes.

Agroponic : cette entreprise récemment installée au Sénégal, produit plusieurs sortes de salades grâce à un système hydroponique sous serres située dans le village de Bayakh. Ceci dans l’optique de permettre aux Sénégalaise.e.s d’avoir de la verdure à croquer toute l’année ! D’autres légumes (courgettes, concombre, pousse de soja,…) seront prochainement commercialisés en attendant la certification.

Pour vous ravitailler en « Greens », une adresse à retenir à Dakar : l’American Food Store où ces deux structurent livrent une à deux fois par semaine.

Les épiceries

Nature Attitude, la caverne d’Ali Baba du bio à Dakar. J’y achète notamment mon gluten pour fabriquer du seitan, du véritable savon de Marseille ou encore mes brosses à dent en bambou. Vous trouverez là-bas tous les essentiels de l’alimentation végétalienne des graines en passant par les farines sans gluten, un large panel d’huiles essentielles et de compléments alimentaires.

Le Paradis du Bio situé au dernier étage du centre commercial Sea Plaza. C’est le pendant de Nature Attitude, très pratique pour celles et ceux qui vivent à l’autre bout de la corniche (côté Fann, Almadies, Ouakam). Vous y trouverez exactement les mêmes produits au même prix et en bonus quelques beaux articles artisanaux de Tunisie. La gérante est très sympathique pour ne rien gâcher à la course !

– Dans la même lignée, le quartier animé de Ouakam vient d’accueillir tout près de la Mosquée de la Divinité, The Healthy Corner, qui propose des produits bio, vegan et sans gluten. Vous y trouverez des fraines et céréales bio, des poudres alimenaires (spiruline, matcha, soja,…), des thés et tisanes (la gamme Yogi Tea), de l’encens et des produits cosmétiques. Le petit plus : des produits frais et surgelés notamment les glaces végétales Abbot Kiney’s !

Nature Et Oh ! est une petite boutique qui propose fruits secs, oléagineux et légumineuses en vrac. On y trouve également certains produits du genre tahini, laits végétaux ou boissons énergisantes.

Natura Bio vend quelques produits d’épicerie comme Nature Attitude mais à des prix un peu supérieurs. C’est le seul endroit où j’ai pu trouver de la VEG 1 mais il n’y en a pas tout le temps, alors si vous en voyez, n’hésitez pas. La boutique compte un rayon de poudres et de tisanes locales. Elle est désormais 100% en ligne.

Bulk Shop Dakar : vous cherchiez une épicerie en vrac à Dakar ? Bulk Shop Dakar l’a fait. Il est enfin possible de trouver de la farine, des pâtes, des légumineuses, des graines bio et même de l’huile au détail. L’essentiel des produits proviennent d’Italie mais vous y trouverez également un rayon de produits cosmétiques made in Sénégal et des tisanes locales comme l’Artémisia (complètement prise d’assaut en ce moment par les sénégalais!) ou le moringa.

Lulu Deli Market : Située à l’entrée de chez Lulu, cette petite épicerie offre une sélection de produits du terroir et locaux. Noix de cajou, confitures, chocolat Venko, sel du Lac Rose, vinaigres de bissap. J’y fais mon stock de pain au levain et pain de mie 100 % végétal (sans lait ni miel) fabriqué par Le Sucre Rit. Vous y trouverez également les produits frais de chez Passion Nature : pourpier, pousses d’épinard, mâche ou encore roquette.

Produits locaux

Noix de cajoux et arachides

SENAR Les Délices Lysa est leader de la transformation artisanale des arachides et des noix de cajou sur le marché sénégalais (cajoutella, nougats, beurre de cacahuète et de cajou). Leur nouvelle usine que j’ai eu l’occasion de visiter lors de l’inauguration se situe à Ruffisque. Vous pouvez retrouver leurs produits dans tous les supermarchés de Dakar, mais comme nous sommes de très grands consommateurs de cacahuètes et de noix de cajou, je fais de gros stocks et limite ainsi les sachets en plastique. A moi les cajoutiers (délicieux gâteau à base de poudre de cajou), le lait de cajou ou encore les cookies à l’okara d’arachide ! Hummmmm.

Poudre de Baobab et Arraw de manioc

J’ai suis tombée sur le stand du GIE Mun’al Gaïgui lors du salon de l’économie sociale et solidaire de Diamniadio. Soutenu par le Programme d’Appui au Développement Agricole et à l’Entreprenariat rural, leur arraw de manioc et leur poudre de baobab est d’une qualité irréprochable.

Contact : mariamadiawi@yahoo.fr / Tél. + 221 77 100 41 35

Tofu

Rowena et son époux Jean sont installés à Keur Massar. Alors que Jean est infirmier humanitaire, Rowena produit du délicieux tofu frais à partir de graines de soja bio et sans OGM en provenance du Burkina Faso. La production a lieu chaque mardi, et la livraison se fait dès le lendemain sur Dakar. Ils vendent également des Protéines de Soja Texturées et depuis peu du yaourt de soja. Essayer leur tofu, c’est vraiment l’adopter !!!

Vous avez la possibilité de leur laisser une boîte hermétique à chaque livraison si vous voulez éviter les sacs plastiques !

Tél. + 221 77 596 08 33

Avec les légumes bio, on n’est jamais au bout de nos surprises :D!

Si cet article t’a été utile, n’hésite pas à laisser un petit commentaire en dessous !

Vis ma vie de végane dans un campement du Sénégal – Acte 1

Mon mari me dit souvent qu’être végane c’est un frein à la vie en société.

Que ça n’encourage pas les collègues ou les amis à inviter à manger.

Et patati et patata.

Moi au contraire, je trouve que c’est un énorme moyen d’ouverture et de communication, à partir du moment où les hôtes sont bien informés en amont de la situation et qu’en tant que végane je prends les devants.

Pendant les fêtes de Noël, je suis partie me ressourcer dans le magnifique Siné Saloum, cette belle région du sud de la Petite Côte du Sénégal entre les fleuves Siné et Saloum.

Quel bonheur de pouvoir enfin m’extraire du tumulte et de la pollution de Dakar et de me retrouver au milieu de la nature…

Pour la toute première fois de ma vie de végane, j’allais me rendre dans un campement, totalement dépendante de la nourriture offerte par la maison.

Même si le séjour n’était que de deux nuits, mon mari avait pris soin de contacter les patrons afin de leur préciser notre régime alimentaire comme proposé sur leur page internet.

« Pas de viande, pas de crustacés, pas de produits laitiers, vous pouvez prévoir des plats à base de légumes, de niébé (haricots à œil noir qu’on trouve à foison ici au Sénégal), pâtes etc… ».

Comme je le fais systématiquement, j’ai glissé dans ma valise mon kit de survie : noix de cajou, dattes et tablette de chocolat noir 85 % (en cette période il ne fait pas aussi chaud au Sénégal!), et quelques végétranches rapportées de France par ma gentille maman.

Le premier soir, alors qu’on rejoint les grandes tablées, je me demande bien ce qu’on nous a concocté. De nature septique j’interroge la patronne qui me rétorque « normalement ça devrait aller ! ».

Voilà qu’on nous apporte le premier plat… il s’agit d’une macédoine de légumes enrobée de mayonnaise!

Face à ma mine déconfite, le patron vient à notre table s’enquérir. Finalement il nous fera des pâtes aux légumes (bah qui est très bien) mais pas sans s’adonner à des blagues anti-véganes douteuses du genre « bah alors tu les trouves où tes protéines?! », « tu vas pas aller loin avec tes légumes », j’en passe des vertes et des pas mûres.

Pour le dessert nous aurons droit à de la bonne pastèque pendant que les autres clients auront moults pâtisseries pas si digestes que ça.

Durant le petit déjeuner, je dois dire que mon kit de survie n’aura jamais autant bien porter son nom…

Sur la table trône une boîte vintage de Frosties de Kellogs (vous savez les corn flakes ultra sucrés), des yaourts, du beurre, de la confiture (ouf), du jus orange (j’ai pas dit du jus d’orange hein), du pain et du café.

Mais où sont les fruits ? Hahaha mystère et boule de gomme !

Bien décidée à faire de mon véganisme un prétexte pour manger équilibré, je demande au responsable de table, s’il veut bien m’apporter des fruits en remplacement des yaourts.

J’ai alors droit à une banane, une pomme (c’est ni local ni bio mais on chipote pas!) et un bout de pastèque. Youpie ! Il ne m’en faut pas plus pour me faire une salade de fruits express à laquelle j’ajoute quelques dattes, des noix de cajou et des pépites de chocolat, arrosé d’une tasse de kinkéliba (tisane locale), voilà qui me suffit pour être heureuse.

Après deux jours de pâtes non stop, je vais directement en cuisine demander au chef s’il n’est pas possible de nous préparer un ragoût de niébés (car je commence tout doucement à manquer de protéines).

Le soir venu, alors que nos voisins de table semblent affamés (en effet les portions sont assez minces, ils n’hésitent pas à chourer aux autres quelques rabes de steak semelle ou de cuisses de poulet), je découvre alors notre plat de niébé qui manque un peu de légumes. Malheureusement, cela va se solder en cuisant échec : les haricots n’ont visiblement pas été assez cuits, et comble, je tombe sur des petits cailloux preuve qu’ils n’ont pas été correctement rincés (de base on doit faire tremper les haricots toute une nuit donc c’était perdu d’avance).

A mon troisième repas sur cette île, il me tarde déjà de retrouver mes aliments et des plats simples et équilibrés.

Je ne pensais pas que cela pouvait sembler si compliqué de préparer des plats végétaliens sans chichi, mais visiblement les plats binaires comme je les appelle (poulet /frites, riz /poisson, pâtes/steak) sont des références qu’il est difficile de défaire.

Au final nous avons survécu à cette première immersion dans un monde frileux au véganisme, mais clairement je me dis qu’on aurait pu frôler la catastrophe si nous y étions allés avec les enfants.

Même en ayant préparé le terrain à l’avance, on est jamais à l’abri d’un fiasco alimentaire.

La prochaine fois, promis, je gérerai un max en amont, une femme avertie en vaut deux !

Cookies à l’okara d’arachide

Une des merveilleuses choses qui nous arrivent lorsque l’on devient végane, c’est cette plongée dans un nouveau champ lexical pleine de promesses : aquafaba, seitan, tofu,… okara!

Mais quel est ce terme à l’intonation japonaise?

A l’origine l’okara désigne les résidus de lait de soja après qu’on ait mixé les fèves avec de l’eau puis filtré. Plus généralement l’okara désigne les résidus solides de tous les laits végétaux fait maison : amandes, courges, avoine, arachide.

Eh oui, car on ne jette pas l’okara, sacrilège! Pendant longtemps, je n’ai su que faire de ce résidu, coincée entre ma démarche anti gaspi et une texture apportée à mes pâtisseries que je n’appréciais guère.

Alors je l’utilisais au pire pour des gommages du visage doux.

Ça c’était jusqu’à ce que je devienne une adepte du lait d’arachides que j’affectionne tout particulièrement (car local et économique) et que je décide d’incorporer cet okara particulièrement riche en fibres et en protéines dans une recette. Il apporte un texture ultra moelleuse qui n’est pas sans rappeler les scones, célèbre patisserie anglosaxone à la croisée du biscuit et du pain.

Depuis que je confectionne des cookies (soit depuis quasi toujours!), je pense facilement dire que mes enfants ne se sont jamais autant réjouis de me voir les préparer. L’odeur est à tomber, et l’expérience culinaire divine.

Ces petits gâteaux constituent un goûter idéal pour mes petits véganes qui les affectionnent également au petit déjeuner.

Alors, maintenant que vous ne jetterez plus jamais votre okara, vous avez bien mérité cette recette, à vos fourneaux!

Okara d’arachide

COOKIES MOELLEUX A L’OKARA D’ARACHIDE

Ingrédients

  • 1 banane bien mûre
  • 80 g de sucre complet
  • 130 g d’okara
  • 150 g de farine
  • 80 g d’huile neutre (colza par exemple)
  • 1 pincée de sel
  • 1 cc de bicarbonate de soude (ou de levure chimique)
  • 1 pincée de vanille en poudre
  • 70 g de chocolat pâtissier coupé en morceaux (facultatif)

Recette

  • Préchauffer le four à 180 °C
  • Ecraser la banane avec le sucre et la vanille.
  • Ajouter l’huile et bien mélanger au fouet puis ajouter le reste des ingrédients jusqu’à obtenir une belle pâte compacte. En fonction du taux d’humidité de l’okara, on pourra ajouter plus ou moins de la farine.
  • Ajouter les morceaux de chocolat
  • Déposer une cuillère à café de pâte bien remplie sur un tapis de cuisson puis former une boule
  • Cuire 10 à 15 min jusqu’à ce que les gâteaux soient bien dorés puis déposer sur une grille afin qu’ils refroidissent.

Dégustez-les aussitôt pour en apprécier le côté croustillant et le fondant du chocolat, miam !

Conservez les gâteaux dans une boîte hermétique pendant 3-4 jours.


Etre à sa place

Se faire sa place…

Dans la vie, il ne faut jamais renoncer à ses accomplissements, aussi futiles puissent-ils paraître.

Ne jamais minimiser non plus l’impact que l’on peut avoir sous prétexte que d’autres font déjà beaucoup.

Cela fait trois dans que je « blogue » à ma façon en partageant mon quotidien d’écocitoyenne, d’entrepreneure, d’environnementaliste, de femme et mère de famille végane sur les réseaux sociaux notamment Instagram au travers de photos, de stories et de recettes.

L’espace devenait beaucoup trop restreint, et le besoin de partager beaucoup plus, se faisait ressentir.

Il y a eu moult et moult sujets relatifs à mes coups de gueule contre le péril plastique, mes astuces zéro déchet, notre quotidien de véganes sur lesquels j’avais envie de m’étayer, mais à chaque fois, je cédais à la facilité des réseaux sociaux.

Alors il m’a fallu sortir de ma zone de confort et me dire que moi aussi, malgré mes quelques décennies bien tassées, j’avais toute ma place dans le monde du blogging.

D’abord très réticente à devoir rejoindre un mouvement devenu trop grand à mon sens, j’ai décidé d’accepter de faire partie de cette communauté et surtout d’apporter ma propre vision du monde, de là où je vis.

Là où je vis c’est d’abord mon petit village du Sud Essonne, ma petite campagne dont j’affectionne la quiétude à 1h seulement de ma ville natale, Paris, où j’aime me nourrir régulièrement de théâtre, de cinéma, d’architecture, de mouvement et de tourbillon.

Mais là où je vis aussi c’est l’Afrique de l’Ouest.

Après 11 années d’expatriation au Mali puis au Sénégal où j’ai exercé ma profession d’experte en environnement, me voici de retour au Pays de la Téranga, bien décidée à partager ma philosophie minimaliste et à changer la donne dans cette zone du monde où l’explosion démographique, la mondialisation et le quête du consumérisme sont un frein au développement durable.

Aujourd’hui plus que jamais, je décide d’être à ma place, celle où je vais pouvoir faire mon introspection et partager avec vous mon expérience du terrain, mes espoirs, mes actions pour un monde plus humain, plus respectueux, plus solidaire, plus juste, plus serein.

Un monde plus vert d’espoir.